Les précieuses ridicules et le RISQUE DECEPTIF

On ne dit plus : « Par peur de décevoir » ou « Par crainte d’engendrer une déception ». Non ! Nos précieuses ridicules ont recours à un bel anglicisme et « faux-ami » : on parle de risque « déceptif » !
Sauf que « to deceive » ou « deceptive » en anglais signifie trompeur – animé par l’intention de tromper d’égarer … et jamais décevoir.
Mais là, justement, il se trouve que c’est tout à fait approprié puisque s’agissant du GRAND DEBAT il y a bel et bien gain de temps, illusion, enfumage, volonté de mener en bateau donc de faire avaler des couleuvres aux participants venus benoîtement rendre allégeance au souverain en feignant de croire en l’intérêt qu’il consent à leur porter.
Oui il y aura sous peu, très probablement, un sentiment de déception et l’impression d’avoir été trompés, leurrés et, partant, en bon anglais, (et au-delà des modes incultes de notre franglais des medias) : on se sentira en effet déçu « disappointed » d’avoir été trompé « deceived » par une manoeuvre bel et bien « DECEPTIVE » !

Il a « osé oser »… sans ses conseillers !

En pleine crise des gilets jaunes, « qui a bien pu conseiller à Macron d’aller au ski? »*
Eh oui ! Bonne question que pose BFM qui exclut que la personne, l’être humain qui porte le costume de Président de la République puisse n’en faire qu’à sa tête, ou pour parler plus simplement, ait « commis la faute » tout seul par « erreur » de jugement.
Cette question postule, en outre, que c’est d’une personne « entourée » (qui a dit « assistée » ?) qu’il s’agirait. Elle postule qu’il ne peut agir sans y avoir été invité, enjoint par tel ou tel « conseiller ».

En outre et au fond … quelle que soit l’antipathie que la personne et l’homme politique puissent inspirer, le « bonhomme » a parfaitement le droit de « souffler un peu » ! Certes, il faut bien convenir que le moment, tout comme le type de détente, furent mal choisis. Un repos dans une retraite paisible eût été mieux accepté par les media (car les foules, elles, s’en foutent) en période de « dysfonctionnement » que la pratique d’un sport exigeant et fatigant.
Oui, là où le Général De Gaulle parlait de « chienlit », on ne parle plus que de « dysfonctionnements » ! C’est plus modéré. Comme quoi, chez les gouvernants, on s’habitue à tout.

*https://www.bfmtv.com/societe/edito-en-pleine-crise-des-gilets-jaunes-qui-a-bien-pu-conseiller-a-macron-d-aller-au-ski-1654490.html

Gérontophobie ? Phobo-phobie

Il est interdit d’être quoiquecesoit-phobe que ce soit Xéno-, Homo-, Hétéro… (il doit y en avoir des dizaines). Que reste-t-il alors aux médias pour inclure un individu dans une catégorie que l’on pourrait stigmatiser en toute légalité ? Eh bien ils caractérisent la personne par son âge : « un ado, un trentenaire, un quinquagénaire… un nonagénaire ».
Ce qui permet une phobie, un bouc-émissaire parfaitement légal et qui -accessoirement – va dans le sens des stigmatisations à la mode pronées par le gouvernement (comme la CSG non compensée des retraités) : la gérontophobie.
D’où les campagnes du style : Parquez les vieux, humiliez-les, privez les de leur mobilité. Soumettez les avec ferveur à des contrôles prétextant des examens de santé de toute nature. La route et ses aléas ou dangers est un excellent terrain de jeu pour les anti-vieux : si un vieux provoque un accident on lâche les chiens. Haro !
Pourtant, il est notoire qu’ils ne sont pas plus ou moins dangereux que tous les jeunes (ou pas) « fous du volant ».

Si c’est un jeune qui est en cause ce n’est pas l’âge qui sera mis en avant par les médias mais les drogues dont l’alcool ou bien … rien ! Comme s’il était « normal » que « jeunesse se passe » !
Par contre l’inconséquence, le côté bravache-frimeur des lavés du cerveau à l’eau de la compétition (du « moi je te passe devant ») … tout ce crétinisme (bien lucratif et nourri au lait de la sacro-sainte « agressivité commerciale ») n’est pas stigmatisé.

Pour qu’on arrête de stigmatiser les vieux va-t-il falloir créer un délit de gérontophobie?

Dans un monde qui marche sur la tête, faut-il devenir ennemi des stigmatisateurs de stigmatisateurs, faut-il en arriver à en avoir la phobie au point d’être phobo-phobe.

Vous avez dit … « FAINEANT » ?

Dans le monde où nous sommes « jetés » et qui s’offre à nos yeux en ce 21ème siècle ne sont fainéants que les actionnaires, financiers et encaisseurs de dividendes…  et, bien sûr, comment oublier l’arrogance de ceux qui les servent et leur permettent d’engranger autant sans ne jamais rien faire :  autrement dit ceux qui ont fait le choix d’une carrière politique toute de privilèges, passe-droit, combines et péroraisons destinées à masquer la vaine agitation qu’ils tentent fiévreusement de faire passer pour action, courage et efficacité.

Non les fainéants ne sont pas ceux qui ne parviennent pas à s’intégrer honorablement dans le tissu du travail, de la société… Non le fainéants ne sont pas ceux qui au terme d’une vie de dur labeur vivent plus au moins chichement d’une retraite plus que méritée, toujours chichement calculée et qui n’arrive pas au millionième des parachutes dorés de ces fainéants notoires qui tirent les ficelles. Non les fainéants ne sont pas non plus ceux que la société injuste a irrémédiablement brisés, ravalés au rang de « parasites » et qui, sans abris et souffrant, encaissent en outre les insultes de gouvernants arrogants et sots.

L’allocation universelle

Dans Les Evangiles un dangereux (?) révolutionnaire (?) nommé « Jésus » (comme tant d’autres d’ailleurs à l’époque) narre cette histoire (Les ouvriers de la onzième heure) à propos d’un cultivateur qui donna aux ouvriers venus terminer l’ouvrage de la journée (ce qui devait sans doute l’arranger vu le retard pris par les autres ) la même somme d’argent qu’à ceux qui avaient travaillé dans son domaine depuis le matin.

Les Eglises (qui « adorent » la hiérarchie) ont souvent souhaité y voir une illustration-justification de l’arbitraire (profondément injuste mais auquel il faut se résigner) d’un Dieu-Maître tout puissant. Mais…

La morale à en tirer était à l’évidence que le mérite n’est pas tout, que ce n’est pas la seule mesure de la valeur entre les humains. Il est une autre valeur : le seul fait d’être humain.

Ce qui impliquerait qu’il existerait un minimum au-dessous duquel on ne doit pas descendre ?
Ou encore qu’il existe une énorme différence entre égalité, égalité de droits, équité, justesse, justice … et autres moyens dogmatiques de penser l’économie … domestique ou autre.
Et ainsi donc… que le « mérite » n’est pas (ne doit jamais être) la seule et unique mesure des valeurs entre les humains.

Alors … pourquoi donc écumer de rage, en invoquant ce sacro-saint concept de « mérite », pour vouer l’allocation universelle aux gémonies et ne pas, par ailleurs, s’insurger contre les ahurissantes disproportions de revenus entre ceux qui s’usent jusqu’au sang huit heures par jour (ou plus) et ceux qui s’enrichissent à les regarder faire. De quel mérite parle-t-on ?
Où est l’injustice, l’inéquité, l’inégalité ? Cherchez bien ! Au-delà de votre complaisante cécité idéologique.
Allons. Ce Jésus n’était-il pas un économiste allemand du dix-neuvième siècle ?

L’intolérance bien franchouillarde et le véhément rejet de l’allocation universelle si timidement proposée par M.Hamon est très symptomatique de cette fièrotte culture poujadiste de l’aigreur et de la jalousie. Vive la France !

La campagne judiciaire de 2017

On constate que les campagnes électorales politiques d’antant sont devenues des campagnes judiciaires où les réputations se voient être déchiquetées.
Ce n’est pas tant que le peuple(-citoyen?) veuille des personnes irréprochables et moralement proprettes aux commandes de la Nation, non, c’est bien plus que les hyper-ambitieux qui visent le pouvoir avec acharnement font feu de tout bois pour abattre leurs rivaux.

L’arme qui (retentissements médiatiques et complicité servile des sensationnalistes professionnels aidant) est, aujourd’hui, la plus efficace pour dépecer l’adversaire (souvent un « ami », du même bord, de la même mouvance) est l’infamie induite par telle ou telle petite ou grosse « bavure », tel ou tel écart de conduite.

Ceci dit, pour l’heure la chose est plus financière que sexuelle… à la différence des Etats-Unis où il est de tradition de divorcer avant de « donner un coup de canif … » et où il vaut mieux fouiller dans la caisse que dans l’intimité d’une maîtresse. Mais ça peut venir : le sort que l’Amérique infligea à DSK en est un avant-goût.

A qui profite … le BREXIT

Paradoxe amusant : la réalisation du BREXIT va, ainsi le veulent les institutions, être confiée aux « powers that be » les pouvoirs en place (sur la scène politique aussi bien que dans l’ombre financière) … ceux qui, politiciens, financiers riches acteurs économiques, étaient profondément hostile au leave.

On peut leur faire confiance pour :

1) y mettre toute l’extrême lenteur qui leur conviendra afin d’organiser leurs petites affaires bien confortablement ;
2) négocier des accords très privilégiés avec l’UE (probablement plus favorables et moins contraignants que l’appartenance à l’UE, fût-elle souple comme elle l’était ;
3) élaborer une panoplie d’accords bi- ou tri-latéraux avec de nombreux membres de l’UE soigneusement sélectionnés.

Ce qui, probablement, à terme, révélera que les ardents défenseurs du remain avaient, in fine, tout à gagner au leave !

Sport et violence

Allons … Allons … qui feint la surprise ?
« Le sport ennoblit l’Homme » et autres fadaises voilent (mal) la cupidité, les mentalités nationalistes et les impitoyables rivalités d’egos qui s’y éploient.
Oui les compétitions ont certes pu « sublimer » les violences nationalistes… un temps… mais ce temps est révolu et la pestilence des mentalités saute désormais aux yeux de tous.
D’où le vocabulaire et les « éléments de langage » imposés aux médias : « hooligans » faut-il dire pour désavouer les acteurs et exonérer la bestialité du spectacle des nations en guerres « sportives ».
La marseillaise boucherie russo-britannique ne joue que les premières mesures de l’ouverture … ne nous méprenons pas !

Vendre l’Université

A qui profite le crime ? Au profit ! Comme toujours.
Il leur faut mettre l’Université au service des besoins et attentes « de l’entreprise » (traduire : des actionnaires, du capital ou de ses larbins). Dames-Ministres Pécresse et Fioraso n’avaient d’autre dogme.
Avantage et coup double : cela permet d’éradiquer du même coup l’apprentissage de l’esprit critique … Donc le réflexe critique, et, partant la réflexion sur le monde, l’imaginaire, la société, les systèmes et les institutions.
Cela était prévisible de longue date car où débusque-t-on, dénonce-t-on les merveilles d’abrutissement engendrées par les chantres de la cupidité ? A l’Université, ce lieu où l’on pense quasi-librement.
L’Université, ce lieu par conséquent haïssable d’où l’on parle encore trop fort selon certains … lieu qu’il ne fut pas possible de baillonner, de museler, d’étrangler ou d’étouffer au fil des quatre dernières décennies… Même Madame Saulnier-Séïté n’y parvint pas, c’est dire !
Alors restait la séduction, la « contamination » serait plus juste.
Corrompons-le, ou mieux encore, laissons les « oncles cupides » s’emparer du pouvoir et y faire règner la loi du profit. Quel bonheur de voir des communistes de l’ex-branche dure (stalinienne) imposer du haut de leur Présidence d’université des politiques de rentabilité et de partenariat avec les multinationales locales. C’est probablement jubilatoire pour les néolibéraux de notre intelligentsia politique … un peu comme si le Parti Communiste devenait candidat au CAC 40 …

LIRE : Médiapart : Sauvons l’Université française !

« Créations d’emplois » … ou insulte ?

Vous bétonnnez des hectares, vous « engraissez » un ou deux promoteurs, vous faites transiter les fonds par mille et une poches, banques, relais financiers … le prix ainsi atteint est au bas mot le quintuple du coût réel.
Reste à vendre le concept au public, à l’univers « local » … les séîdes des médias brandissent l’arme secrète : « CREATION D’EMPLOIS » …
A bien y regarder ce n’est pas faux ces vingt ou trente hectares de hangars divers parviendront à tourner en toute sécurité grâce à une dizaine de techniciens (venus des quatre points cardinaux), et quelques maître-chien.
Bilan :
Intérêt au plan local ? Nul.
Perte de terres agricoles et dégâts écologiques : qui s’aventure à les quantifier ?

« Création d’emplois » est devenu une insulte.

Les fourmis de Mammon

De quelque bord que se prétendissent les élus (ou non-élus d’ailleurs, ainsi M.de Villepin ne le fut point) aucun jusqu’alors n’avait élevé la trahison des idéaux et valeurs morales de son parti au rang de méthode de gouvernement.
Certes tel ou telle ne tenait pas ses promesses électorales … mais « on » respectait les grandes lignes du dogme.
Après l’estompement de la Grande image Chirac, un coup de pied fut donné dans la fourmilière du microcosme politicien : sous la présidence de M. Sarkozy on a vu les fourmis courir en tous sens reniant avec allégresse, pour sacrifier à l’illusion d’un nouveau néo-modernisme libéral, leurs engagements, valeurs et dogmes de toujours et pour finalement se regrouper autour de la nouvelle reine de la fourmilière.
Depuis… ça continue. Des fougueux engagements et ferventes promesses anti-capitalistes du Bourget à l’actuelle brochette de ministres du plus pur néo-libéralisme militant, le fossé, le gouffre ne gêne personne.
Plus exactement : le fait que cela en dérange certains (qui s’étranglent) ne gêne personne d’autre qu’eux, et la valse des fourmis de Mammon se poursuit sans encombre.
Normal, rien à craindre : comment des « sans-dents » pourraient-ils mordre ?

La protection des salariés c’est du passé

La protection des salariés ça ne rapporte rien, donc c’est du passé. Il fallait « remettre à plat » le code du travail, cela s’imposait en effet !
On savait dès 1981 que sitôt le pouvoir conquis, la « Gauche » pratiquerait une politique de droite : privilèges régaliens, copinage, complicité avec les puissances d’argent, échafaudages financiers et autres mains tendues aux dictateurs et détenteurs d’ inépuisables (?) pétrorichesses.
Mais de là à ce que la soi-disant Gauche d’aujourd’hui en arrive à une déconstruction, à un détricotage américanoïde, patient et minutieux de la TOTALITE des acquis sociaux que les Français, par des luttes incessantes et une vigilance de chaque instant, étaient parvenus à arracher aux propriétaires des privilèges, de la finance et donc du pouvoir … il y avait un pas que l’imagination des plus pessimistes n’aurait pas osé franchir !

Terreur et piqûre de rappel

On peut lire : « Eagles Of Death Metal, 2h de larmes et de rock pour oublier l’horreur » (20 Minutes)
« Oublier… » ? Ou bien raviver, entretenir le traumatisme qui risquait de s’atténuer ? Perpétuer la peur. Enfoncer encore et encore le fer dans la plaie, pour entretenir la terreur et épargner aux terroristes les efforts d’infliger des piqûres de rappel.
Les commémorations et autres opérations souvenir de ces actes inqualifiables ne renforcent-elles pas le traumatisme ? Et, partant, ne prolongent-elles pas les effets de la terreur ?
Les grandes opérations médiatiques (souvenirs de janvier et novembre 2015) ne font-elles pas fortuitement et de manière bien maladroitement lugubre le boulot des terroristes en entretenant d’écho en écho la marque de la crainte, de la peur … avouant à la face du monde le succès des visées terroristes et la réussite de la déconstruction mentale des démocraties ?

L’agitation

L’agitation est sans conteste la forme la plus candide de l’oisiveté.
Elle croit faire illusion, elle ne trompe que l’agité et, en aucun cas, ceux qui observent la production, la qualité ou qui, tout simplement, s’écartent pour n’être pas bousculés par le tourbillon.
La question est de savoir pourquoi ceux-là qui s’agitent de la sorte n’acceptent pas leur oisiveté en tant que telle et se croient devoir la jouer sur le mode de l’activité stérile.

La sueur de nos fronts

Le travail n’est pas ce qui vous donne à manger, c’est ce qui vous mange.
Le pain se nourrit comme échange, symbole de la « sueur de mon front ». Il devient par là un lieu nul, empli de signes qui émanent de ma fatigue. Quand vous parvenez à manger le fruit de votre travail sachez qu’alors ce dernier vous a infiniment plus entamé.
Il n’y a ni lutte ni progrès, il y a une consommation considérable des êtres par les choses, d’abord, puis, ensuite, des choses, un peu, si peu, par les êtres. C’est ainsi. L’homme est l’objet de la consommation. Toujours et en tous lieux, bien plus qu’il n’est sujet, quoi qu’on dise, quoi qu’on pense.
On l’a voulu, naguère encore, propriétaire, vaillant détenteur de sa « force de travail » … il n’en est que la nourriture.
Songeons à faire muter nos représentations.

Formation d’adeptes

Le processus de recrutement d’activistes (potentiellement terroristes) ou de taupes à déclencher est le même que celui qui est mis en oeuvre par les sectes et consiste à repérer un esprit affaibli, errant, qui au nom d’un appétit de « différence » est en fait en quête d’un nouveau conformisme (souvent plus rigide que celui que l’adepte croit fuire) selon la vieille sottise : « différenciez-vous en épousant une nouvelle mode » ou encore : « Soyez différent ! Faites comme tout le monde ! »
C’est bien connu : pas de militant plus acharné que le jeune adepte frais émoulu.

Tenir à l’oeil systématiquement les conversions récentes devrait limiter les dégâts … et les actes terroristes.

Effets pervers : vivre hors la loi

Trop de … tue le … (air connu). Trop d’impôt tue l’impôt aime-t-on à répéter. Trop de droit tue le droit – ça s’appelle le juridisme.
En France on devrait surtout réaliser que : Trop de lois tue la loi.
Plus on multiplie les réglementations, normes et autres contraintes et plus le vulgum pecus se perd et s’expose bien involontairement à être à côté de règles et dispositions bien tatillonnes. D’ému, inquiet qu’il est au début, le citoyen se résigne puis s’endurcit et prend l’habitude d’être plus ou moins hors la loi.
Et là, ce seuil franchi, la porte est grande ouverte pour le passage progressif d’une micro-infraction à des délits plus importants. Vu que plus personne, même animé de la meilleure volonté du monde, ne parvient à être « dans la loi », on s’installe confortablement « hors la loi ».
A qui la faute ?
Aux grands industriels de la machinerie législative et réglementaire, machine à faire du citoyen un coupable, frileuse vache à lait d’un fisc dont l’avidité est proportionnelle à l’incurie des gouvernants.
Vivre hors la loi tel est le statut que l’Etat propose à ses citoyens.
Comment dans ces conditions, vivre dans la loi ?

On ne meurt que trois fois

On ne meurt que trois fois :
Quand on est supposé quitter l’enfance (on peut heureusement y échapper).
Quand on est relégué au « musée » par son entourage, par ceux qui vous ont pris en considération, estimé, adulé… non pas parce que vous déclinez ou perdez vos cheveux, dents, talents et mérites, mais plus simplement pour cause de culture et de mentalité ; parce qu’en fait la société leur impose avec force les images mentales du « déclassé pour cause de génération ».
Quand enfin (et c’est le mot juste) on subit la mort biologique.

Choc des civilisations

Il y a deux grandes sortes de culture : la culture du fait et la culture du verbe.
Cette denière, comme celle des Grecs et autres Romains, confond la « capacité de convaincre » avec la « vérité ». C’est la raison pour laquelle nous avons de tels tribuns, de tels tribunaux et de tels avocats !
C’est ainsi que « avoir raison » se ramène, dans cette culture du verbe, à « avoir raison de son adversaire… »

Trace et pollution

On n’est jamais que la trace de soi. Nous sommes la trace de ce que nous fûmes : ça s’appelle l’histoire.
Le temps va si vite dans un espace si vaste avec une lumière dont la vitesse est si basse (relativement), que tout astro / cosmo-logue n’est jamais qu’un historien.
Il est plaisant de voir ceux-ci faire usage d’identificateurs de pollution (gaz et particules spécifiques) pour identifier dans le cosmos des planètes susceptiles de porter des civilisations ‘intelligentes ».
Remarquons que si elles sont plus intelligentes que nous elles ne polluent pas. Si elles polluent, ces civilisations, c’est qu’elles ne sont qu’inventives et techniciennes, comme nous le sommes, mais moyennement intelligentes.

La fin des fenêtres

A force de technlogie on va remplacer les fenêtres, huisseries, cadres, vitres doubles charnières et rideaux par un simple mur sur lequel on plaquera un écran de même taille et de belle qualité qui affichera l’image que fournira la caméra située de l’autre côté. Ainsi le monde extérieur sera visible d’ l’intérieur d’une pièce close.
sans doute la sensation de « liberté » que procure l’ouverture d’une fenêtre sera-t-elle perdu mais combien de lieux modernes ne sont pas dotés de fenêtres ouvrantes aujourd’hui. La claustrophilie urbaine et ambiante ne s’en émeut guère.
On connaît ces vêtements dont le textile affiche ce qui est derrière la personne qui dès lors est réputée revêtue d’une « cape d’invisibilité ».
La chose sera prochainement mise au point pour faciliter la construction des avions et engins spaciaux destinés au public, les hôtels et tours de bureaux suivront.
C’est, le coût de l’électronique baissant sans cesse, infiniment moins coûteux que de construire des ouvertures vitrées voire mobiles et des renforcements et fixations tout autour.
On sera passé du mur percé au mur de verre intégral puis au mur plein mais rendu transparent par l’électronique. Quelle sera la quatrième étape ? Des humains dotés d’yeux capables de voir au travers des murs.

Compétition crétinisation

Dans un monde où la compétition, du monde sportif à celui de l’entreprise, de la fébrilité scolaire des parents « pousse-au-concours » que subit le jeune enfant jusqu’à l’âpreté financière que sa réussite va lui inculquer comme étant la plus haute vertu de l’humanité, la compétition est la seule loi qui vaille.
Compétition, reine du XXème siècle, soutenue et renforcée même par la substitution de la machine à l’homme sur une échelle encore jamais imaginée… certes, mais qui n’a hélas pas pour autant affranchi ce dernier de mille et une servitudes. Elles ont migré. Le mythe a glissé.
Vocable, naguère encore, à forte connotation négative, le mot « agressivité » est ainsi peu à peu devenu synonyme de qualité suprême, celle des gagneurs (gagneurs de marchés, de monnaie, d’or ou de médailles d’or), celle des marchands de n’importe quoi, celle des illusionnistes du pouvoir.

Addiction à internet ? Vraiment ?

On parle, et ce même dans des milieux érudits loin des frileuses ou conservatrices réticences anti-techniciennes « d’addiction à internet ».

Qu’entend-on par là ?  Utiliser internet pour découvrir le monde, lire des textes et regarder des images, communiquer, produire des oeuvres ? En fait rien que nous ne fissions déjà avec le papier, la plume, le pinceau et des instruments de musique ?

Parlait-on d’assuétude (addiction) au papier-crayon ? à l’imprimerie ? à la musique ou au dessin ?

Société critique

Qui accepte encore aujourd’hui qu’on lui propose comme excellence de vie et idéal de dépassement un univers financier arc-bouté sur une croissance absurde, sur la destruction des équilibres naturels et la compétition universelle qui n’est jamais que la guerre de tous contre tous, universellement spectacularisée ?
Aurons-nous la force ou la patience d’attendre que cette société-là aille au terme de son auto-destruction ?

Tentons ici même de reprendre une par une ces innombrables représentations, ces scènes successives du spectacle de nous-mêmes. Nous sommes livrés en pâture à « l’automate » emballé de la sacro-sainte « Croissance ». Elle dévore tout sur son passage : pas seulement les « victimes » ordinaires que nous sommes, mais aussi ces autres victimes, elles, inconscientes et consententes que sont nos bourreaux : les Grands Prêtres, chantres et gourous du Capital, de la Croissance …

Qui n’a pas encore compris que les premiers à en pâtir sont ceux qui s’en réclament avec le plus fervent aveuglement ? Et pourtant ils exultent au quotidien dans leur militante insolence. Cherchez la faille.
L’arrogance d’un seul fait-elle la force de tous ?